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Ma petite histoire hihi!

 
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krikri
grand papillon

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 MessagePosté le: 24/10/2012 21:55:19    Sujet du message: Ma petite histoire hihi! Répondre en citant Back to top

Salut tous et toutes,

Aujourd'hui m'est venu cette petite constatation (et réalisation) quant à ma mère, ET moi, par conséquent, compte tenu notre relation.

Depuis toujours, ma mère a rejeté son corps de femme, sa femininité. A sa puberté, elle a développé de larges hanches et de gros seins. Elle avait une silhouette en forme de sablier (hourglass shape ?), la silhouette que tant de femmes désirent. Elle l'a carrément rejeté. Elle n'aimait ni ses hanches, ni ses seins. Cette haine vis-à-vis son corps demeure encore aujourd'hui, même que, quand on lui a annoncé qu'elle avait le cancer du sein, elle espérait les enlever par la chirurgie, chose que mon père refusait, alors, elle s'est penché de son côté.

Elle a été anorexique durant son adolescence et même sa vingtaine avant de m'avoir. Elle voulait être toute droite, super mince et détestait son corps, ses formes. Il semble même, d'après ce que je peux comprendre de son histoire, qu'elle détestait les femmes toutes belles, féminines et coquettes. C'est pourquoi elle a quitté son cercle social avec toutes ces femmes si coquettes et féminines (dans son pays natal, la Turquie) et la raison pour laquelle elle travaille dans un milieu plus "masculin" ici à Montréal, dans une université, dans un département où les femmes ne portent pas trop d'attention à leur femininité, à leur tenue vestimentaire où elles sont plutôt du type relax, masculin, intellectuelles, forte de caractère, fonceuses. Je ne dis pas pour autant qu'une femme ne peut pas être l'une ou l'autre mais c'est quand même intéressant à constater dans le cas de ma mère.

J'ai grandi avec ma mère. Elle a eu une influence très importante sur moi. J'étais très attachée à elle et quand elle n'était pas là, je virais folle! lol Je pleurais et c'est comme si je ne pouvais plus fonctionner. Mais, elle m'a toujours permise de m'exprimer comme je le voulais, je pense. Elle m'a bcp gâtée et m'a acheté ma première poupée...cabbage patch/bout de choux! Ensuite, j'ai eu des problèmes à l'école pour cela, avec les gars, après quoi les choses ont complètement changé pour moi, pour le pire. Je me rappelle aussi que mes premières années à l'école, je passais bcp de temps avec les filles et on jouait à la marelle.

Mais le plus important de tout ça est que j'étais TRÈS attachée à ma mère (mon problème) et qu'elle rejetait non seulement sa femininité mais la femininité, en général. Que je me suis probablement rendu compte très tôt et que j'ai vite appris à repousser mes propres pulsions féminines et à rejeter aussi mon amour grandissant pour la femininité. Je me suis rejetée parce que je voulais que ma mère et moi soient UN, soient sur la même longueur d'onde. Je ne voulais pas qu'elle me rejette, comme elle a rejeté la femininité. J'avais besoin d'elle, je ne pouvais pas vivre sans elle, elle représentait mon monde.

Quand j'ai commencé ma transition, et surtout, quand j'ai eu ma vaginoplastie, presque instantanément ou quelques jours après que la morphine ne fasse plus effet, j'ai eu une crise de panique et mon anxiété qui, jusqu'à ce jour ne m'a pas lâché mais est en train de s'effriter petit à petit, a pris de nouvelles proportions. J'étais désemparée. J'avais besoin que ma mère reste avec moi à la résidence de convalescence, couche là-bas. J'ai eu comme ce pressentiment que j'allais la perdre, ce qui, après du recul, fait énormément du sens! J'avais peur qu'elle me rejette pour être femme, j'avais gardé cette même peur d'enfant en moi qui s'est ancré solidement en moi, dans mon psychique.

Aussi, il est intéressant de noter que durant ma transition avant l'opération, et même durant les années où je me "déguisais" en femme, ma mère (pas mon père) avait bcp de problème avec cela. Ça lui causait énormément d'angoisse. Quand j'ai finalement choisi d'aller de l'avant, vivre ma vie en tant que femme, prendre des hormones, quand j'ai commencé à m'afficher davantage, elle a commencé à paniquer, a vivre des moments d'angoisse intense. Elle a commencé a boire, comme par hasard et faire des crises de colère/d'anxiété (une en particulier dans le bureau d'Hélène Côté). Elle dit que c'est à cause qu'elle passait par la péri-ménopause mais je ne la crois pas. Elle invente toujours toutes sortes d'excuses et est souvent dans le déni. Elle a eu énormément de difficulté à accepter et misait énormément sur Hélène Côté pour me "guérir" (en passant, quand j'ai dis à ma mère pour la première fois que je me sentais fille, à l'âge de 17-18 ans, j'ai explosé en sanglots et je me sentais énormément coupable à son égard, comme si je l'avais trahi), ce qui n'a clairement pas fonctionner quand j'ai changé de thérapeute et arrêter mes quelques centaines d'heures de thérapie avec Hélène. Pour ma mère, c'était une cuisante défaite! Elle ne voulait pas, elle croyait que je faisais une erreur et même aujourd'hui, elle croit que j'aurais dû continuer avec elle. En prenant du recul, je ne crois pas qu'Hélène voulait me guérir mais je crois davantage qu'elle voulait m'aider à me détacher de ma mère, à mieux comprendre son emprise sur moi et ainsi, en me libérant, être capable de m'assumer pleinement, de réaliser qui j'étais réellement. Et je pense que c'est la raison pour laquelle elle mettait tellement d'importance sur ma relation avec ma mère, dès le début. Désormais, je ne suis pas si certaine qu'Hélène soit dans le tort et je pense, de plus en plus, qu'elle voulait mon bien sauf que son approche était parfois un peu trop agressive. Et peut-être, c'était ça le problème. Mais, j'ai définitivement fais les choses trop rapidement. Aujourd'hui, ma mère doit prendre des antidépresseurs, des anxiolytiques et boit souvent de l'alcool, surtout quand elle est à la maison, les weekends, avec moi autour. Elle grince bcp ses dents le soir, gémit dans son sommeil. C'est certain que la condition de sa mère mourante n'aide pas mais je suis presque certaine que mon changement, la perte de son fils, de cette masculinité, l'apparition de cette femininité en moi lui rappelle ce dont elle a toujours essayé de s'échapper. Depuis ma transition, moi et ma mère, comme par hasard, ne sommes plus aussi proches qu'avant. Elle déteste magasiner, n'aime pas trop parler de sujets qui portent sur la femininité (l’apparence, les habits, le maquillage, etc.) et n'a aucune idée quand je lui demande conseils pour certaines choses de femmes (ou ne s'intéresse pas). En revanche, moi en mon père sommes plus proches. Aussi, je viens juste de remarquer, comme par hasard, que ma meilleure amie, anciennement la fille envers qui j'avais bcp de sentiments, que je comparais souvent à ma mère, sans qui je ne pouvais vivre également, dont j'étais extrêmement dépendante (comme ma mère), est aussi pas mal masculine. Pas une coïncidence du tout!!! Tandis que j'ai toujours été plus attirée vers sa sœur, plus jeune et plus féminine mais cette attirance m'a toujours fais peur. Mes plus beaux rêves sont avec cette fille, le bonheur complet avec elle, symbolique du fait qu'elle représente mon vrai Soi et quand je serai unie avec moi, que je serai complète et heureuse. Tout fait tellement du sens, avec du recul. Wow!

En tout cas...pour revenir à mon histoire...la chronologie des choses...

Suite à mon opération et au cours des années qui ont suivi, je me sentais anxieuse sans jamais trop comprendre pourquoi. Je suis allé voir ma thérapeute, ça n'a pas aidé. Finalement, après quelques années, ça a commencé à débloquer. Je pleurais et finalement la vérité commençait à sortir. J'avais constamment cette peur en moi de perdre ma mère, une haine constante envers les autres femmes et moi-même, en tant que femme. Je rejetais mon corps comme ma mère l'avait fait. Et oui! J'étais exactement comme elle. Nous nous ressemblions goutte pour goutte. Mes yeux n'étaient pas les miens, mais bien les siens! Tant que je tenais à elle psychologiquement. Je pouvais bien sûr me séparer d'elle physiquement mais le problème était dans ma tête et non à l'extérieur. Mais quand même je vis encore avec mes parents...pas une coïncidence quand même. Alors l'extérieur joue pour quelque chose mais ce n’est pas tout!

Donc, un choix à faire. Soit continuer a vivre avec cette peur de mes propres pulsions créatrices, fondamentales que la vie m'a donné, mon SOI qui est unique, vivant et joyeux et cette illusion d'être UN avec ma mère, restait conforme à ses idées et vivre OU de me laisser aller complètement et de vivre pleinement mes désirs, de vivre "seule", sans attachement à ma mère ou autre. Un dur choix mais après des années de souffrance, de peur et d'angoisse presque constants, le choix ne peut plus se faire. Je n'ai plus le choix que m'abandonner à moi-même. C'est en train de se faire de soi-même, sans aucun effort et c'est ça qui est le plus beau...plus d'effort.

L'angoisse s'est récemment intensifiée à tel point que je croyais que j'allais viré folle mais la tempête s'est éventuellement estompée et des moments de béatitude comme jamais vécus auparavant ont suivi. Une joie profonde, une disparition presque totale de la peur, une joie de vivre, d'être en vie. Un amour profond pour tout ce qui est féminin qui resurgit, qui a chômé tant d'années sous le poids d'une haine que j'ai choisi d'hériter d'une personne avec ses propres problèmes. Être en amour avec soi, autrui et la vie, en général. Se sentir comme uni avec tout autour de soi. Magnifique!

Il y a encore des embûches psychologiques. Ce n'est certainement pas la fin du cauchemar ou le début de ma vie réelle encore. Des moments cauchemardesques tels que se sont produits récemment, j'en prévois encore, aussi longtemps que je refuse d'être moi, de me rejeter et de porter ma mère en moi. Mais, ils sont moindres et plus intenses chaque fois qu'ils se produisent comme pour essayer de m'effrayer (ressentant la fin) mais la lumière n'est plus bien si loin que cela.

C'est pas mal mon histoire. Je ne sais pas si vous avez tout lu, mais bravo, si vous vous êtes rendu jusqu'à la fin, LOL. Miracle. C'est assez long. Quand je commence, je n'arrête pas! Mais peut-être que vous vous êtes vu (e) dans mon parcours ou bien que vous vous emmerdez, tout simplement, hehe! En tout cas, pour moi, ça a été très bon. J'ai mis au clair certaines choses dans ma tête. Je comprends mieux.

Bcp de courage et d'amour à ceux et celles qui sont sur un parcours semblable. Ça prend du "guts", des couilles, LOL.
 
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 MessagePosté le: 24/10/2012 21:55:19    Sujet du message: Publicité Back to top

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Sabineinfrance
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 MessagePosté le: 26/10/2012 02:53:47    Sujet du message: Ma petite histoire hihi! Répondre en citant Back to top

Bonjour Krikri,

J'ai lu ton texte et la seule chose qui me vient à l'esprit est ceci :

"Il est préférable de régler ses problèmes personnels, surtout ceux d'ordres psychologiques, durant sa psychothérapie au risque d'avoir de grosses difficultés à s'accepter après la vaginoplastie... Il est inutile de modifier son corps, si des problèmes psychologiques subsistent encore".

Une fois la SRS réalisée on se retrouve seule face à soit même.

Le changement de sexe ne règle pas tout si au préalable un travail de fond sur soi-même n'est pas réalisé et dans bien des cas, si le travail sur soit n'a pas été fait avant, le changement de sexe peut les aggraver, pour vous en l'occurence il a produit des peurs (phobies), car changer de sexe est un chambourlement immense.

Bien des transsexuels minimisent, voire refusent de passer par la voie "psy", pourtant cette voie s'avère quelque fois indispensable pour les personnes qui ont des problèmes personnels d'ordres psychologiques.

Comment être apaisé(e) après ?

Comment profiter de la quiétude qu'apporte le changement de sexe si des tourments persistent ??

Bon courage pour la suite

Sabine
 
krikri
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 MessagePosté le: 26/10/2012 08:59:29    Sujet du message: Ma petite histoire hihi! Répondre en citant Back to top

Merci. J'ai passé bcp de temps en thérapie avant l'opération. J'ai consulté pendant plusieurs années différents thérapeutes dont Hélène Coté, Gilberte Talbot, Francoise Susset et bien d'autres. Même que j'ai un bac en psychologie LOL. J'ai passé beaucoup de temps à me regarder dans le profond de moi-même. Je croyais être prête, vraiment! Ma thérapeute était également convaincue. J'ai vraiment été surprise par ce qui m'attendait après la vaginoplastie. Dans la vie, c'est pas toujours clair.

Mais, je le répéte. Je ne regrette absolument rien. J'ai mûri avec les années, appris à me connaître davantage, mes peurs, mes attachements, etc. C'est la voie que je devais prendre, la seule voie.

Les choses ne se déroulent pas toujours de la façon qu'on veuille et tels qu'ils doivent se passer. On fait parfois des erreurs de jugement. Ça arrive. J'assume la pleine responsabilité.

L'important pour moi maintenant, c'est d'être honnête avec moi-même et de ne surtout pas me décevoir.
 
Femimen
grand papillon

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 MessagePosté le: 27/10/2012 16:39:16    Sujet du message: Ma petite histoire hihi! Répondre en citant Back to top

j'ai une question concernant la psychothérapie, est elle nécessaire pour éliminer d'éventuels troubles psychologiques et pour connaitre sa détermination ?
 
krikri
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 MessagePosté le: 27/10/2012 16:50:33    Sujet du message: Ma petite histoire hihi! Répondre en citant Back to top

Ca peut aider mais ca ne garantit rien!
 
Femimen
grand papillon

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 MessagePosté le: 27/10/2012 16:55:06    Sujet du message: Ma petite histoire hihi! Répondre en citant Back to top

Je n'en ressens pas le besoin sincèrement et comme je baigne un peu dans cet univers, j'ai droit au jocker Laughing
 
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