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Tu rêves et tu le sais

 
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Para_San
Imouto-chan

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 MessagePosté le: 27/01/2009 22:30:59    Sujet du message: Tu rêves et tu le sais Répondre en citant Back to top

Tu rêves et tu le sais

Tu n’as jamais été comme les autres, et tu le sais. Déjà petite, tu étais étiquetée, ostracisée, trop toi alors qu’ils étaient trop eux, le ying et le yang incapable de se compléter, un groupe contre une personne, impossible de faire le mélange. Trop différente. Le mot tombe, et il te fait mal. Différente. Tu l’as toujours été, et tu le sais, mais tu ignores pourquoi. Tu parles comme eux, tu t’amuses comme eux, tu as la même couleur de peau qu’eux. Les petits garçons se moquent de toi, les petites filles se lient avec toi pour mieux te poignarder dans le dos, et tu ne comptes plus ne nombre de fois où tues rentrée en pleurant chez toi. Tu grandis avec cette peur de te lier. Tu te réfugie dans un monde imaginaire. Tu lis, tu écris, tu cultives l’intelligence, et le gouffre s’approfondie entre toi et eux.

Tu te fais quelques amies, des petites filles. En présence des garçons, tu as peur. D’accord, papa est un crétin, tu ne dois pas lui faire confiance, ça sert à rien, il t’a déjà fais du mal, t’a toujours oubliée, maman te l’as dis mais tu n’as pas besoin de maman pour le savoir. Est-ce que papa t’aime ? Tu ne sais pas. Et les petits garçons te font peur, avec leurs bagarres, leur espièglerie de gamins. Tu grandis, et autour de toi, tes amies regardent du côté des garçons. Toi, tu ne comprends pas. Toi, tu n’aimeras jamais un garçon, tu le sais. « Quoi, tu veux sortir avec une fille peut-être ?!? ». Tu dis non, évidemment. Tu ne veux pas être ostracisée encore, pas alors que tu as des copines. Et tu crois simplement que l’amour, c’est pas pour toi, que tu n’en as pas besoin, que tu es au dessus de ça, que tu as d’autres rêves et que l’amour te brîmera.

Tu grandis, et même les acteurs te laissent indifférentes. Tu te dis que tu es trop logique pour t’amouracher d’illusions. Pourtant, cette actrice, que tu la trouves belle ! Tu te compares, et ta confiance en toi est en chute libre. Tes amies te racontent leurs premières aventures amoureuses, puis sexuelles. Et toi tu restes là, éternelle confidente, la seule a ne pas expérimenter par toi-même ces histoires. Lorsque tu te touches, tu t’efforces d’avoir en tête ces images dites normale, mais tu sens que ça ne colle pas, que c’est faux, que ce n’est pas toi. Et tu ne sais pas pourquoi. Tu aimerais comprendre. On te demande souvent si tu es aux filles. Tu réponds par la négative, mais tu n’y réfléchis pas. Tu as trop peur. Oh, tu SAIS bien que ce n’est pas mal, que ce n’est pas anormal. On te l’a dis, tu as connu des gens comme ça. Mais pas toi. Oh, non, pas toi. C’est impossible. Tu le saurais. Tu regardes tes amies. Elles sont jolies, mais jamais tu n’as eu de… ce genre de pensées, pour elles. Alors non. Tu ne l’es pas. C’est bon pour les autres, ça.

Tu n’es juste pas fait pour l’amour, pour le sexe et la vie à deux. C’est bon pour les autres, tu n’y crois pas. Ça t’empêchera de vivre. Tu prône ton indépendance, tu revendiques le droit au célibat. Une fois seule, tu as froid, tu voudrais du réconfort, mais les images de bras virils autour de toi te donnent la nausée. En pensée, tu te sens étouffé, et tu te dis que non, jamais, plutôt mourir. Et quand on te demande si tu n’en a pas marre parfois d’être seule, de n’avoir personne à coller et à qui dire tes sentiments, tu mens et tu dis que non. Parce que tu ne veux pas être prise en pitié, et tu sais que personne ne comprendras.

Tu es adulte, maintenant, tu votes et tu es responsable légalement de toi-même. Et tu la rencontres. Tu ne connais même pas son visage, elle n’est qu’un nom sur un écran, mais elle est toujours là quand tu as des problèmes. Et ces temps-ci, tu en a beaucoup. Tu vis une situation pas très drôle, et tu ne veux pas en parler, car tu ne veux inquiéter personne. Mais elle ne te connait pas, elle ne peut pas te juger. Si elle le fait… tant pis. Tu perdras une amie du Net, mais c’est moins pire que de perdre une amie de la vie réelle, n’est-ce pas ? Mais elle te comprend. Elle te fait rire, te remonte le moral, te tends la main et te remonte du trou dans lequel tu es tombé. Elle restaure petit à petit l’escalier de ta confiance et de ton estime en toi, détruits depuis si longtemps. Tu te vois à travers ces yeux à elle, et tu t’apprécie un peu plus. Sa présence devient vitale, tu voudrais lui parler tous les jours, tu passes des heures a regarder si elle se connecte.

Tu as mûrit, tu es prête à te regarder en face. Et quand on te demande « T’es sûre que tu aimes pas les filles ? », cette fois-là, tu te regardes en pleine face. Et surgit la question « Est-ce que je l’aime, elle ? » et tu sais que la réponse est oui. Tu ne sais pas pour les autres filles, mais elle, oui. Et avec le temps, tu comprends que oui. Et elle te laisse languir, et durant des mois, elle préserve sa réponse, car elle sait. Évidemment qu’elle sait. Tu n’a pu garder le secret plus que six mois. Et ça a semblé les six mois les plus long de ta vie, et en même temps, si court, avec tes rêves.

Des rêves de baisers, de caresses, de tout ce que tu enviais aux autres. Et tu vis ensuite dans l’attente, durant des mois, en tremblant de peur, avec cette impression d’être sur le fil. Et ta confiance en toi chute, et toi tu tombes avec elle. Bien sûr, que tu rêves. Pourquoi elle t’aimerait. Tu n’as rien de spécial. Toi, la bizarre, toi, la fille à part, toi, la fille qui es toujours seule. Et le verdict tombe, innocemment, au détour d’une conversation, subtilement, même pas un gentil « désolée » ou un cruel « tu perds ton temps ». Non, c’est pire, c’est dis comme si elle parlait de la pluie ou du soleil, et elle gâche sa visite en parlant de tous ces hommes qu’elle baiserait à l’instant présent s’ils étaient devant elle, et qu’elle a hâte de te présenter à ses amis, toi sa petite sœur d’esprit et de cœur. Et toi, tu souris, et tu te retiens de ne pas pleurer, de ne pas hurler, et tu parles de ta hâte de déménager dans sa ville, de la voir plus souvent, et de toutes les sorties et les conneries que vous allez faire. Mais tu as l’impression que ton cœur, il est mort.

Tu finis par te faire à l’idée qu’elle ne t’aimera jamais, qu’elle sera toujours une copine, une sœur. Parfois encore, tu pleures, tu as mal. Mais ça va. Tu regardes autour de toi. Tu n’essaie rien, avec personne, car tu sais bien que bientôt, tu partiras. Et les amours à distance, tu n’y crois pas. Ça sent l’arnaque, le guet-append. Et tu change de ville. Tu es près d’elle, maintenant, mais tu ne la vois pas souvent. Elle est si occupée. Tu te fais des amis. Tu emplie ta vie d’activités, de visites et de rencontres. Mais personne dans ton cœur. Tu viens d’arriver, tu ne veux pas te précipiter, aller trop vite… avoir mal encore.

Mais les gens autour de toi te poussent, ils n’en font qu’à leur tête, et te font rencontrer des gens. Il y a cette fille, super sympa, vous aimez les même trucs, elle est jolie, et tellement naive que s’en est trop mignon. Un ami commun fait tout pour que ça colle. Ça pourrait… mais voilà, 5 ans et des centaines d’expériences vous séparent. Bien sûr, 5 ans, c’est pas la mer à boire, quand on est adultes. Mais elle ne l’est pas, voilà. Elle a 16 ans, un âge où on ne sait pas encore qui on est très bien, et où toi tu ne le savais pas du tout. Et toi… Toi, tu as déjà finis l’école, tu as ton appartement, ton travail, tu fais partie de la vie active, tu t’enfonces dans les tracas de la vie comme le loyer, et les factures d’électricité et de câbles, et les aléas du remplacement et des salaires variables qui te laissent parfois bien peu en fin de mois. Ton cégep est loin derrière et ton secondaire n’est qu’un souvenir qui devient déjà brumeux. Tu essais de l’imaginer dans ce décor, et il te semble faire un voyage dans le temps . 5 ans et un monde vous sépare, et elle n’a pas besoin de tes tracas d’adulte, elle a bien assez de ses tracas d’ado. Pour toi, il te semblait que c’était la fin du monde, à cette période.

Et votre ami fais pression, et il ne veut rien comprendre, et il veut savoir ce que tu penses. Pour lui, c’est simple, si tu es intéressée, fonce. Mais il ne pense pas, ne pense pas aux 5 années, à ces centaines d’expériences qui vous sépare et des tracas que vous avez en différence. Il est le petit diable sur ton épaule qui te tente. Tu ne veux pas la plonger dans ton monde, tu veux l’en protéger, et te protéger aussi, du regard des gens. Tu veux la laisser vivre sa vie, tu sais qu’elle a des possibilités que toi tu n’as pas. Le pire, c’est que dans deux ans, le problème ne se poserait plus. 18 et 23, la belle affaire, tout le monde est majeur, tout le monde est adulte, le monde il est beau. Vos mondes ce sont presque rattrapés. Mais voilà, ils sont toujours en parallèle, et rien ne les relient. C’est comme l’Europe et l’Amérique, et une demi-douzaine d’heure de décalage horaire. Le soleil se lève pour elle en Amérique que pour toi il est déjà midi en Europe.

Tu sais que tu devrais cesser de lui parler, de la voir. Même en amie. Car tu as peur qu’elle ne se fasse des idées, qu’elle ait des espoirs. Et tu ne veux pas « jouer » avec elle comme l’autre à « jouer » avec toi. Toi, tu étais adulte, tu étais capable de faire face à cette réalité, mais il te semble qu’elle est si jeune, si naive, et tu ne veux pas être celle qui lui brisera son monde. Pourtant, tu ne peux pas t’empêcher de te demander ce qu’elle pense réellement, et ça t’énerve. Parce que toi, contrairement à l’autre, si tu ne l’aime pas, tu es intéressée. Mais tu ne peux pas, ne dois pas. Si seulement c’était 3, et non 5 ans ! Vous vous ressemblez un peu, tu le sais. Les mêmes goûts, les mêmes manies, les mêmes passions. Mais il y a ces cinq ans. Alors tu devrais couper les ponts, avant qu’il ne soit trop tard, avant que toute cette histoire ne devienne sérieuse et que tu fasses quelque chose que tu peux regretter, mais tu n’y arrives pas, tu es trop lâches. Tu ne connais que si peu de gens ici, et te couper d’elle signifie te couper de votre ami aussi, car lui n’abandonnera pas avec ses questions, ses insinuations. Et avec eux, tu ne te sens plus différente…

Le pire, c’est que d’une certaine manière, tu t’en fous. Tu te fous de tout ça, car dans ton esprit, tu es libre. Libre de faire ce que tu veux, d’inventer les scénarios que tu veux, de supprimer les paramètres qui posent problèmes. Car tu rêves et tu le sais.

Et tu veux continuer de rêver avant que la vie ne te rattrape, et que tu ne doives faire des choix qui détermineront ton existence.
_________________

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 MessagePosté le: 27/01/2009 22:30:59    Sujet du message: Publicité Back to top

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Elsria
chenille

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Inscrit le: 30 Aoû 2006
Messages: 51
Localisation: Sherbrooke

 MessagePosté le: 29/01/2009 01:54:30    Sujet du message: Tu rêves et tu le sais Répondre en citant Back to top

J'ai tout lu... Je sais que tu n'as pas écrit ce texte pour te faire complimenter sur ta plume et ta façon d'écrire mais encore une fois, je suis emportée dans un flot d'images et d'émotions.

Para tu es une femme merveilleuse. J'essai de réfléchir au mal que tu pourrais causer à cette puce et je ne vois pas.

Il y a des jeunes filles de 13-14-15 ans qui s'amourachent d'hommes dans la vingtaine. Il y a des couples qui durent, d'autres non.
Il y a des gens profiteurs, méchants, etc. Que ce soit un couple hétéro ou homosexuel on s'entend.
Il y a le bien et le mal partout. Et toi, tu n'es pas le mal incarné à ce que je sache. Justement tu es différente des autres.
Tu es une vrai perle, unique, resplandissante au soleil, et ce que je souhaite c'est que tu sois heureuse.
Et... lorsqu'enfin on à la chance d'entrer dans ta vie, je peux t'assurer qu'on est jamais malheureux, ou décu.

L'important c'est de mettre les choses au clair... de communiquer... de savoir ce que vous voulez toutes les deux.
Ce n'est pas car elle à 16 ans qu'elle est immature... peut-être même qu'elle te surprendra!

Pourquoi veux-tu à ce point couper les ponts? Alors que tu es si proche d'une personne...
Jamais je ne te forcerai ou je te pousserai à faire quoique ce soit et tu le sais.
Mais ce serait idiot de cracher sur cette chance, cette relation qui s'épanoui.
Il n'arrive jamais rien pour rien et je me dis que votre rencontre n'est pas qu'une coincidence...!

Parfois, il faut réfléchir, mais d'autre fois, il faut laisser parler son coeur. Au fond de toi, qu'est-ce que tu veux?

Laisse toi porter par tes sentiments. Laisse tes lèvres enfin goûter au bonheur, et ton coeur battre au rythme de l'amour.

Pour une fois, laisse toi aimer. Prend la chance. N'ais pas peur.

Respire et sourit car la vie est belle!

Je t'embrasse, et serai toujours la pour toi.

Mye
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