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Kalek
chenille

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Suivi psy: Oui

 MessagePosté le: 13/10/2016 22:34:46    Sujet du message: Coming-Out Répondre en citant Back to top

J'en ai un peu parler dans ma présentation. Je vais en parler un peu plus ici du coup

Avant mon coming-out explosif, je me libérais la tête en allant sur un social 3D, dans lequel tu as un avatar comme tu le souhaite, et tout naturellement, le mien était (est) un homme. Et je n'ai jamais préciser ma réelle condition, quand on me demandais "Mais tu es un homme en vrai ?". Je répondais "oui, bien sûr !" Parce que pour moi, ça coulait de source : C'est ce que je ressent, c'est vraiment comme ça que je suit le mieux dans ma peau. Alors j'évitais les détails.

C'est par ce biais, que j'ai rencontrer l'homme qui allait changer une bonne partie de ça... Quand je l'ai rencontré, j'avais déjà commencer mes démarches, dresser mon "plan de match". Mais je ne l'assumais pas ouvertement. Même lui, l'ignorait : Il pensait que j'était un homme, un "vrai", dans un corps masculin. Puis j'ai bien été obliger de lui dire la vérité, par respect pour la relation que nous étions en train de construire.

Il était inquiet : Allais-je vraiment me rendre au bout des choses ? Ou allait-il devoir composé éternellement avec un corps qu'il ne pouvait aimer ? Il a commencer à se sentir anormal d'être gay. Alors je l'ai rassuré en lui disant que rien en ce monde, ne pourrait me faire changer d'avis. J'était motivé (je le suis toujours !) et tout irais bien, même quand ça irait mal.

Pourtant, durant la même semaine, j'ai vu ma mère et elle m'a posée une question. Je ne me souviens plus laquelle, mais je me rappel que ça aurait été LE moment pour lui avouer... J'ai baisser les yeux et je suis parti pour ne rien dire. J'ai alors réalisé une chose : Je ne pouvais pas prétendre m'assumer entièrement, si je n'était pas même capable de faire face à ma propre famille. La nuit suivante, j'écrivais un message à ma famille, leurs décrivant ma situation, ce que je ressentait vraiment, et ce que j'était.

Le lendemain matin, le téléphone s'est mis à sonner. J'était bien trop anxieux pour répondre, ça a dû sonner plusieurs fois avant que je décroche. Ma mère, au téléphone, m'as demander si c'était vrai. "Oui maman. Je suis Trans." Elle s'est mise à pleurer, à me dire que ça n'était pas grave, que "l'amour d'une mère pour ses enfants, ne change jamais." Avec un peu de recul, je me demande pourquoi exactement est-ce que je lui ai dit "Je suis désolé. Est-ce que tu m'en veux ? Pardonne-moi, stp." On a raccroché, elle avait des choses à faire et moi aussi. En fin d'après-midi, elle a rappeler. Je n'était plus stressé : Ma mère m'acceptais, ça comptait plus que tout.

Mais le hic... Est qu'elle n'avait pas compris, à ce moment-là. Elle m'a demander si c'était parce que j'avais rencontré "une femme". Je me suis retenu de rire; Ça aurait été nerveux plus qu'autre chose. De fils en aiguille, elle a compris que j'était en train de plannifier le suivit psy, la prise d'hormones, et tout le reste. Là, ça ne passait plus. Elle ne pouvait pas le croire, encore moins l'accepter.

Trois jours plus tard, alors que j'était seul à la maison (Je vis en colocation depuis presque six ans), elle s'est présenté à mon domicile. Accompagné de mon paternel. Je me souviens avoir regardé l'heure comme un lièvre qui fixe l'ombre d'un aigle : Appeuré, acculé, pris au piège. Parce que je savais pourquoi ils venaient, à deux, eux qui ne se sont jamais entendu, alors qu'ils me savaient seul. Ils ont commencé à dire que j'avais un problème : Mental. Que quelque chose clochais dans ma tête, que ça n'était qu'une question d'être bien dans sa peau, de faire plus d'exercices, de m'habiller pour être "plus belle", de me maquiller pour être féminine. C'était ça, leurs solution miracle à mon problème. Ils avaient déjà pris les dispositions pour moi, à ma place, sans me consulter : Un psychiatre était prêt à me reçevoir, ils étaient prêt à m'y conduire sur-le-champs. Ma mère voulait qu'on aille "magasinner", qu'on passe du temps "entre fille".

Pire encore : Ils m'ont dit que je ne serais pas apte à garder ma fille avec moi, à en prendre soin, tant que mon problème n'était pas régler.
Ça a vraiment été le coup de trop. J'ai dû m'enfermer dans la première pièce munie d'une porte, fermer les lumières et mettre le verrou, pour ne pas exploser contre eux. Cinq minute plus tard, je les mettais à la porte en menaçant d'appeler la police s'ils ne partaient pas de chez moi immédiatement.

Ma fille (5 ans; 6 en janvier !) est un sujet extrêmement sensible. Parce que la grossesse a été le pire épisode de ma vie; J'ai cru mourir, je voulais mourir à chaque jour, je me lavais parfois jusqu'au sang. Je ne supportais rien, je me suis rendu malade. Je voulais avorter, je voulais la faire adopter, ne rien savoir de cet enfant qui me remettais au visage que j'avais un corps de femme. Un corps fonctionnel, de femme. J'ai vécu l'Enfer, pendant 9 mois. Tant et si bien, que elle autant que moi, avons failli mourir le jour de l'accouchement : Je n'avais pas de force, avant même que le 'travail' commence, j'était déjà à l'hôpital sous surveillance et une équipe était prête à me mettre au bloc pour une césarienne d'urgence. Et comme si ça n'était pas suffisant, j'ai été malade durant six mois ensuite; La DPJ est arrivé dans ce temps-là, et on m'as retiré la garde. J'ai dû me battre pendant près de quatre ans pour faire valoir mes droits; Parce qu'en bout de ligne, cet enfant, je l'aime. J'ai tout affronté pour elle, et même si elle est une preuve vivante de ce que mes origines biologique sont... Ça reste mon enfant.

Bref : J'ai sauté un câble ! Mes parents sont finalement parti, en me priant de réfléchir à ce qu'ils m'ont dit. Sitôt la porte fermée, j'ai explosé. Les larmes ont coulées toutes seule alors que je me blessais les jointures sur le mur et je suis aller courir jusqu'à tousser mes poumons. Je suis quelqu'un de très zen habituellement, très calme et maître de lui-même. La violence est quelque chose qui m'effrai; Phobie de lever la main sur autrui, relatif à du vécu passé.

À mon retour, j'ai eu le temps de remplir la cafetière et de la partir... Avant que, surprise : Les parents reviennent encore à la charge. Le ton était plus doux : J'avais eu le temps de me vider complètement de toute énergie. Mais le discours restait le même, avec encore plus de prétexte de leurs côtés, et beaucoup moins d'énergie du mien.

Je leurs ai dit que j'avais rendez-vous avec un psy. Un psy spécialisé. Mais ça n'était pas correct pour eux : Ils ne voulaient pas que je vois un spécialiste pour Trans. Tant pis... Et finalement, ils m'auront eu sur un point : La menace que la DPJ revienne mette son nez dans mes affaires, m'a fait courber l'échine devant leurs ultime requête : J'ai accepter de confier mon enfant à ma mère, pour un délais d'une année scolaire. Je ne voulais pas que ma fille repasse par là; J'en avais assez des séquelles. La voir se lever en pleurant pour me chercher. La voir pleurer de peurs que nous soyons séparé. La voir s'accrocher à moi quand je devais m'absenter trop longtemps à son goût. Au moins, elle voulait être chez sa mamie, ça lui faisait plaisir. (J'ai eu une discution avec elle, avant d'accepter, quand même !)

Bref ! Quand mon colocataire est enfin rentré à la maison, j'était assis dans le noir, les coudes sur les genoux et la tête entre les mains. Je lui ai raconté ce qui s'était passer, sans lui dire immédiatement que tout cela était dû à ma condition trans, parce que je n'avais plus l'énergie pour affronter quoi que ce soit à nouveau. Sa réaction a été colérique : Lui aussi s'était battu pour que j'obtienne la garde et que la dpj me laisse tranquille.

J'ai mis mon copain au courant, nous avons continuer comme si de rien était. Ou presque : Il supportait de moins en moins la distance nous séparant et nos horaires différent. Puis j'ai retrouver du poil de la bête, suffisament pour expliquer clairement à mon colocataire le fin mot de l'histoire. Lui, il l'a très bien pris ! Heureusement. C'est lui qui me soutient le plus, qui me conduit aux rencontre psy, qui m'as emmener acheter un binder, et qui s'assure que je soit au mieux dans ma peau; Que je ne baisse pas les bras.

À partir de là, je n'ai plus caché ma condition. Je l'ai annoncé à mes amis les plus anciens, dont un qui me connait depuis plus de dix ans. Sa réaction a été très apprécier : "Bah. Tu reste toujours mon pote !" L'adaptation au masculin a bien été; De toute manière, ça faisait quelques années qu'il me voyait jouer le rôle d'un homme sur les sociaux network.

J'ai un ami qui m'a dit "Je ne te ressent pas comme ça" Et qui m'as dresser toute une liste des choses qui ne sont pas naturel, pas comme vrai, des regrets qu'on peux avoir, etc. Avant de me dire "Si après tout ce que je te dit, tu vas quand même au bout des choses... Bah tu reste comme mon frère."

À contrario, j'ai un ami récent qui m'a avouer que jamais il ne s'était douté qu'en vrai, j'était dans le corps d'une femme. Et même après plusieurs mois, il n'arrive toujours pas à se faire à l'idée : Pour lui, je suis un homme ! (Comme ça fait du bien !)

Alors, du côté ami, tout vas bien... Un m'a même avouer être dans la même condition !

Mais du côté familial, rien ne vas. On ne peux pas vivre dans un monde parfait, c'est la vie. Mon paternel fait comme si je n'avais jamais rien dit. Ma mère met un point d'honneur à mettre l'accent sur la féminité et chaque fois qu'elle me pose la question "Mais tu veux VRAIMENT devenir un homme ?" Et que je lui répond "Oui ! C'est ce que je suis, au fond de moi !" Elle détourne le regard, coupe court à la discution, et s'éloigne. J'ai une tante et une grand-mère également, qui font comme si de rien était, comme si je n'avais rien dit, car selon elles "Ont peux rêver d'autre choses, mais on ne change pas ce que nous sommes réellement."

Alors j'hausse les épaules, je me dit "Tant pis, ce n'est pas grave. Moi j'ai décidé d'avancer, de vivre, et d'enfin Respirer." Même si parfois, je me rend compte que j'aimerais plus que tout, sentir la main de mon paternel sur mon épaule, ou une étreinte de ma mère sans que ça ne soit du bout des doigts; Qu'ils acceptent. Parfois, je me sens coupable; Trop souvent, même, de ne pas être comme ils l'auraient souhaités. Mais ça ne dure pas bien longtemps, parce que... Je me sens tellement mieux en assumant ce que je suis, en vivant comme je l'entend. Chaque décision, chaque geste, possèdent ses conséquences; Bonnes ou mauvaises. À nous de faire en sorte de bien les vivres, avec le moins de regret possible. Aujourd'hui, je vis pour moi-même, et je me rend compte que c'est bien la première fois, tiens !

Mon copain a rompu il y a plusieurs mois, nous avons coupé tout contact, bien malgré moi. Ainsi vas la vie. Au moins, c'est une Vie, et non pas une Survie.

#KeepHeadUp!
_________________
#KeepHeadUp!
 
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 MessagePosté le: 13/10/2016 22:34:46    Sujet du message: Publicité Back to top

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Vicky
chenille

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 MessagePosté le: 14/10/2016 09:20:26    Sujet du message: Coming-Out Répondre en citant Back to top

salut Kalek,
Ouf c'est pas toujours facile je te comprend. On passe toujours dans un bout tough, mais je vois que tu est sur la bonne voie. Tu m'as l'air de plus en plus fort dans tout ça.
Lâche pas ton bout si c'est vraiment ça que tu veux. Ta fille va te sentir plus heureux et tes parents vont peut-être se rendre compte de ta réalité. Moi mes parents ne l'accepte pas par crainte de se que les gens vont penser. J'ai fini de penser aux autres et je veux vivre ma vie à moi, la vraie !!
Sache aussi que beaucoup d'informations se trouve sur ce site ainsi que beaucoup beaucoup de support de la part des autres membres. Si tu as des questions gêne toi pas il va toujours avoir quelqu'un pour y répondre.
Bonne journée
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Vicky
 
kai
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Suivi psy: Oui
Hormoné(e): Oui

 MessagePosté le: 15/10/2016 10:02:23    Sujet du message: Coming-Out Répondre en citant Back to top

Wow. Quel histoire.

Là tu es encore capable de visiter ta fille??

#keepheadup ... j'adore! Tu a un esprit de guerrier! J'admire ton courage dans tout cette épreuve.
J'ai vecu avec certains personnes qui croyait me connaitre mieux que je ne connaissais moi-même. Ils pensait que je n'étais pas réelement trans, que c'était à cause des traumatismes de mon enfance, ou la rélation avec ma mère, ou que j'avais un confusion dans ma tête au sujet de la sexualité, bref des pseudo-psychologues qui avait aucun idée à quoi ils parlait. J'ai essayé de les croire et de suivre leurs conseils (exercise, etc) mais ce n'était jamais assez pour soulager le dysphorie. C'est devenu de plus en plus fort dans ma vie d'adult jusqu'à j'explose et déchire tout ma vie pour avoir accès à l'hormonothérapie. Je ne regrette rien et en recul je vois comment c'était ridicule pour quelqu'un d'autre de me dire comment je me sens et qui je suis.

Lâche pas. Tu es fort!!
 
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Kalek
chenille

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 MessagePosté le: 15/10/2016 10:13:16    Sujet du message: Coming-Out Répondre en citant Back to top

Merci Vicky et Kai ! Et bravo pour avoir passé au travers de ça. Effectivement, il n'y a que toi qui peux réellement savoir ce que tu es, et ce que tu veux.

Pour ma fille, oui je peux la visiter les weekend mais ce n'est pas évident avec les ressentis de tout un chacun; Elle absorbe beaucoup en plus. Elle m'a déjà demander si c'était vrai que "j'ai un problème" Mais je prend le temps de lui expliquer chaque fois, et elle se rend compte que je suis plus heureux depuis que j'ai commencer à m'assumer.
Le moment magique, ça vraiment été quand elle m'a dit "Si c'est pour ton bonheur, alors c'est okay"
Je me réconforte en me disant qu'elle est bien, et que son école est parfaite, contrairement à celle où elle aurait été près de chez moi. Et je l'appel le plus souvent possible, évidement !
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kai
grand papillon

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 MessagePosté le: 15/10/2016 10:34:01    Sujet du message: Coming-Out Répondre en citant Back to top

Ok cool. Content pour toi que ca va quand-même correctement avec elle et qu'elle comprend que c'est pour ton bien-être. C'est super que tu es honnête avec elle!
Je ne suis pas parent (et je ne veux pas dire quelque chose du con) mais j'admire beaucoup cette approche.
 
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Audrey
grand papillon

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 MessagePosté le: 18/10/2016 22:26:01    Sujet du message: Coming-Out Répondre en citant Back to top

Kalek

j'ai tout lu et oufff bravo pour ton courage et ta determination
je me reconnais dans plusieur des choses que tu as dit , mes parents essayaient de me faire changer d'idee mais n'ont pas ete aussi agressifs dans leur methoses que les tien ont pu l'etre

je suis contente de voir que la plupars des gens t'entourant le prennent bien et j'adore ce coloc qui est la pour toi , il est precieux

ne lache jamais le meilleur est toujours a venir xxx
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Audrey
 
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